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Phase II pour le libre-échange

Lorsque les chefs d'Etat du continent se réuniront le mois prochain à Santiago (Chili), la question à l'ordre du jour pour presque tout le monde sera le lancement des négociations pour la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA).

Une des initiatives économiques les plus ambitieuses au monde, le processus engagé pour la ZLEA ne vise à rien de moins que de parvenir à un accord d'ici 2005, à savoir la levée des barrières commerciales entre 34 pays du continent.

L'attention du public s'intéressant à la ZLEA s'est récemment focalisée sur la lutte politique qui s'est engagée aux Etats-Unis sur la législation " à voie rapide " et qui a fait la une des journaux. Bien évidemment si l'administration américaine obtenait une autorisation de négociation commerciale avant le Sommet de Santiago, cela donnerait un premier élan aux négociations de la ZLEA.

Cependant, même si " la voie rapide " est retardée, les gouvernements peuvent se servir des travaux préparatoires des trois dernières années pour avancer à grands pas.

La plupart de ces travaux ont été lancés par 12 groupes de travail intergouvernementaux, avec le soutien technique d'un comité tripartite composé de la BID, de l'Organisation des Etats américains et de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes. Ces groupes de travail ont réuni une série de bases de données commerciales uniques, des études et des inventaires, et ont élaboré un plan de négociations futures.

Jusqu'à présent, la phase préliminaire a connu une réussite remarquable, et représente la composante la plus avancée dans l'ordre du jour hémisphérique établi à l'origine au Sommet des chefs d'Etat à Miami en 1994. Qu'est-ce qui explique cette réussite ?

Tout d'abord, la ZLEA est en train de se construire sur une convergence d'intérêts. A présent, les nations d'Amérique latine et des Caraïbes ont presque toutes, uniformément, un engagement envers le libre-échange et le régionalisme représentant un puissant instrument de développement.

Deuxièmement, le processus mis en oeuvre pour la ZLEA a un objectif clair, à savoir un accord d'ici 2005, ainsi que des engagements au niveau politique le plus élevé. En outre, il existe un plan d'action détaillé avec : des termes de référence précis, des points de référence quant aux résultats et des réunions avec des techniciens, viceministres et ministres programmées à l'avance.

En dernier lieu, la décision d'utiliser le Comité tripartiteOEA/BID/CECLAC comme source de soutien technique au lieu d'une structure institutionnelle plus formelle et plus coûteuse s'est avérée sage.

Il est important de garder à l'esprit, alors que nous entrons dans la phase suivante que des accords efficaces et durables doivent être fondés sur de bonnes négociations. Pour cette raison, les gouvernements de la région doivent avoir accès à des fonds afin de faire appel à de l'assistance technique fournie par les institutions de développement en vue de renforcer davantage leurs administrations liées au commerce et d'autres organismes publics. Malheureusement, la demande d'assistance technique non remboursable est supérieure à l'offre. En conséquent, il est probable que les gouvernements examineront la question suivante, à savoir une utilisation plus importante des fonds remboursables afin de contribuer au développement institutionnel intégré dans le domaine commercial. Après tout, les rendements pour ce type d'investissement sont énormes, compte tenu de l'impact des négociations commerciales sur le secteur privé et l'économie nationale.

D'autres facteurs seront fortement tributaires de la viabilité d'un accord sur la ZLEA. L'un d'entre eux est une meilleure communication et coordination entre les gouvernements, le patronat et les salariés. Un autre facteur : les campagnes d'information aux niveaux national et continental sur les bienfaits du libre-échange ainsi que des évaluations réalistes des coûts et les moyens de faire face à ces coûts. Le processus de négociation sur la ZLEA doit également prendre en compte l'évolution des plans d'intégration infrarégionale qui ont souvent des objectifs de plus grande envergure et plus approfondis ; logiquement, ceux-ci peuvent être la première priorité des pays membres.

En dernier lieu, mais non pas par ordre d'importance, la mesure dans laquelle les pays maximiseront les avantages dus à la ZLEA et minimiseront ses coûts dépendra de leur capacité à consolider leur première phase de réformes économiques et à poursuivre vigoureusement une deuxième série de réformes, particulièrement dans le domaine social.

* Les auteurs sont respectivement chef de la Division de l'intégration, du commerce et des questions continentales, et le coordinateur de la division pour le soutien technique à la ZLEA.
 

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