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Les investisseurs étrangers affluent en Haïti pour explorer de nouvelles opportunités commerciales

PORT-AU-PRINCE, Haïti  - Lors d’un événement sans précédent, des centaines de représentants du secteur privé étranger et haïtien se sont réunis aujourd’hui pour explorer les opportunités qu’offrent les secteurs clés d’Haïti, dont la confection vestimentaire, les énergies renouvelables et l’agro-industrie.

Cette conférence d’affaires internationale a été organisée par la Banque interaméricaine de développement, le principal bailleur de fonds multilatéral en Haïti, avec l’appui financier du gouvernement canadien et le soutien du gouvernement haïtien, ainsi que de l’envoyé spécial de l’ONU en Haïti, le Président Bill Clinton.

Plus de 500 représentants du secteur privé ont pris part à la réunion, de même que 150 fonctionnaires et délégués d’institutions non gouvernementales. Les représentants des plus grandes entreprises américaines, canadiennes, dominicaines, brésiliennes et colombiennes, entre autres, étaient également présents, preuve qu’Haïti est de plus en plus stable et offre de meilleures perspectives.

« Haïti a été trop longtemps perçue comme la terre des opportunités perdues, » a déclaré le Président de la BID, Luis Alberto Moreno. « Je crois qu‘Haïti est désormais prête et capable d’attirer des investissements privés. »

Bien que la délégation étrangère la plus importante soit venue des États-Unis, l’événement a eu une dimension internationale. La plus grande délégation d’Amérique Latine est venue de la République dominicaine, pays attenant, mais le Brésil, la Colombie et le Canada ont aussi envoyé de nombreux délégués. Au total, les investisseurs étrangers potentiels inscrits à la conférence provenaient de 14 pays.

« Il y a encore quelques années, je n’aurais pu imaginer un événement comme celui-ci à Port-au-Prince », a déclaré le Président Clinton. « Mais la réunion d’aujourd’hui, avec la présence de centaines d’hommes d’affaires internationaux, souligne les opportunités tangibles qui existent en Haïti permettant la création d’emplois, la hausse des revenus et la consolidation du développement du secteur privé. »

Dans son discours de bienvenue, la Premier Ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis a déclaré : « Haïti est prête à accueillir des investisseurs. Le gouvernement fait de son mieux. Il est disposé et déterminé à travailler avec vous pour la réalisation des objectifs visés, mais le temps est précieux ».

Grâce à l’assistance de la BID, le gouvernement a créé un comité national de compétitivité comprenant également des représentants du secteur privé, pour identifier les goulots d’étranglement et améliorer le climat des affaires.

Haïti investit énormément pour améliorer son réseau routier afin de réduire la durée des déplacements entre ses villes principales. Elle s’emploie aussi à accroître la fiabilité des services d’alimentation en électricité. Par ailleurs, le gouvernement a réduit de moitié le temps nécessaire pour créer une nouvelle entreprise.

La stratégie du secteur privé de la BID repose sur deux piliers : rendre le pays plus compétitif et cibler des secteurs générateurs d’emplois. L’agro-industrie, les énergies renouvelables et la confection vestimentaire ont été identifiées pour leur énorme potentiel en la matière.

Lors de la conférence, la BID a annoncé :

  • l’établissement d’un fonds spécial de $2 million pour soutenir le secteur vestimentaire, auquel le Fonds multilatéral d’investissement (MIF) de la BID et d’autres entités contribueront ; 
  • la création d’un don de $150 000 pour examiner la viabilité d’un projet de construction d’usines de confection vestimentaire sous forme de parc industriel.

La confection de vêtements génère $130 millions de revenus nets d’exportations et environ 25 000 emplois. Le potentiel du secteur pourrait être multiplié par cinq avec l’application de la loi HOPE II, qui prévoit un accès en franchise au marché américain.

L’agriculture est également un secteur prometteur. L’investissement dans des installations de traitement et des améliorations sur le plan logistique, comme l’aménagement des routes rurales, permettraient au moins à Haïti de doubler ses exportations de mangues. Les fruits et les huiles essentielles représentent $20 millions de recettes d’exportation. Ce montant pourrait être multiplié par mille.

Haïti a le potentiel de développer plusieurs sources d’énergies durables, y compris les énergies éolienne et solaire. Dans le secteur des biocarburants et de la biomasse, il est possible de renouveler plus de 500 000 hectares de terres arides et semi-arides, sur lesquelles on pourrait faire pousser des cultures de fixation

Haïti et la BID

L’essentiel du portefeuille de la BID en Haïti, constitué de plus de $700 millions de prêts à conditions avantageuses et de dons, est consacré à l’infrastructure de base, l’agriculture, la prévention des catastrophes, l’eau et l’assainissement, l’éducation, l’alimentation en électricité et la modernisation des institutions de l’État.

La BID investit dans le renforcement de la capacité opérationnelle du gouvernement haïtien pour permettre au pays d’entreprendre plus de programmes de développement. Il y a quelques années encore, les décaissements de la BID en faveur d’Haïti s’élevaient à environ $60 millions par an. L’an dernier, ils on atteint $125 millions.