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BID : optimisme prudent selon E. Iglesias sur la relance économique en Amérique latine et dans les Caraïbes

 

MILAN, Italie L’Amérique latine affiche un optimisme prudent sur la relance économique après avoir enregistré une des pires années depuis quelques décennies, a affirmé aujourd’hui le président de la Banque interaméricaine de développement Enrique V. Iglesias.

Dans son discours de clôture à la réunion annuelle de l’Assemblée des gouverneurs de la BID, Iglesias a souligné aussi que plusieurs pays de la région alliaient une gestion économique prudente à des efforts visant à atténuer l’impact social des récentes crises.

« Ce qui ressort surtout de cette réunion, c’est qu’il y a un mieux. Il y a un optimisme prudent sur l’avenir de la région, pourvu que la conjoncture internationale ne vienne pas assombrir ces perspectives favorables », a-t-il dit.

Selon les estimations de la BID, si les tensions internationales actuelles ne s’aggravent pas, l’Amérique latine et les Caraïbes pourraient enregistrer une croissance de 1,5 à 2 % cette année, alors que la région avait connu un repli de 0,5 % en 2002.

Ces niveaux d’expansion seraient certes encore insatisfaisants pour la région, mais Iglesias a relevé que les améliorations en Argentine après une longue récession et la gestion économique solide entreprise par les nouveaux gouvernements au Brésil et en Équateur étaient des signes favorables.

« L’un des messages clés de Milan, c’est que les gouvernements se comportent de manière très responsable et que, face aux complications actuelles, ils ne cèdent pas aux tentations populistes qui pourraient nous détourner de notre chemin et coûter très cher à nos pays », a-t-il ajouté.

Malgré cette évolution favorable, Iglesias reconnaît que l’aggravation de la pauvreté causée par l’insuffisance de la croissance économique est une préoccupation de plus en plus grande dans la région. Les gouvernements et les institutions, a-t-il dit, doivent voir loin pour trouver des solutions durables et efficaces aux problèmes sociaux de la région.

L’une des lacunes de l’Amérique latine et des Caraïbes, c’est la faiblesse de leur productivité en comparaison d’autres régions. «  Il est inadmissible d’enregistrer des taux de productivité qui sont quatre fois moins élevés que dans les pays asiatiques et trois fois moins élevés que dans les pays industrialisés », a fait remarquer Iglesias.

La région doit s’efforcer de trouver le moyen d'impulser la croissance tout en menant des actions qui répondent à ses problèmes sociaux impérieux. Il est prioritaire de faire reculer la pauvreté et de faire augmenter la productivité, a-t-il ajouté.

Au cours de la réunion de Milan, les délégués latino-américains et caribéens ont pu se familiariser avec l’exemple de l’Italie dans l’encouragement aux petites et moyennes entreprises.

Des séminaires organisés par la BID avec le concours du Gouvernement italien et de nombreuses institutions publiques et privées lombardes et milanaises ont permis aux participants de se renseigner sur les dynamiques zones industrielles de l’Italie, le recours aux technologies de l’information et de la communication  pour augmenter la transparence et l’efficacité de l’État et la lutte contre les disparités dans l’aménagement du territoire.

D’autres séminaires ont porté sur la mise en œuvre de politiques efficaces en faveur de l’emploi en période de rigueur budgétaire et sur la lutte contre l’exclusion qui aide les groupes laissés pour compte à sortir de la pauvreté.

En récapitulant les principales questions soulevées par les représentants des 46 pays membres de la BID, Iglesias a fait savoir que plusieurs gouverneurs avaient exprimé le souhait que la BID joue un rôle anticyclique plus important, en ouvrant aux emprunteurs l’accès à des ressources financières lorsque d’autres sources se tarissent.

Iglesias a fait remarquer que la BID est le principal bailleur de fonds multilatéral pour l’Amérique latine et les Caraïbes depuis près de dix ans. En 2002, le total des prêts approuvés (4,55 milliards de dollars) a été moins élevé que pendant les années récentes, mais il pourrait atteindre 10 milliards de dollars en 2003, a-t-il précisé.

S’agissant de la flexibilité, la BID s’adapte sans cesse au gré des besoins des pays emprunteurs. Iglesias a mentionné le rétablissement des prêts d’urgence, le récent lancement du mécanisme de financement du commerce, la rénovation du programme de garanties financières et la diversification des instruments destinés à élargir le crédit au secteur privé, surtout pour les petites et très petites entreprises.

Iglesias a également donné l’assurance aux gouverneurs que la BID continuerait de défendre avec acharnement sa bonne santé financière afin de maintenir les meilleurs indices de solvabilité, qui permettent à la Banque d’obtenir des ressources pour les prêter à des conditions favorables.