| Il est assez facile de voir que les
déficits budgétaires nuisent à l'économie. Mais lorsqu'il s'agit de
comprendre pourquoi les dépenses de certains gouvernements sont
supérieures à leurs rentrées fiscales, le tableau peut devenir très flou.
D'abord, faire des déficits n'est pas le fait de la prospérité générale
d'un pays ou de son degré de développement. Dans une récente étude de la
BID intitulée « Les institutions budgétaires et leurs résultats en
Amérique latine », les auteurs font remarquer que l'importance du déficit
et de la dette publique dans le monde industrialisé et en Amérique latine
varie grandement entre des pays par ailleurs semblables. Pour expliquer
ces différences, des économistes ont étudié récemment les conditions dans
lesquelles les pays préparent, adoptent et exécutent leurs budgets. La
polarisation politique et la nature des institutions gouvernementales et
des systèmes électoraux peuvent jouer. En clair, les procédures
budgétaires de certains pays favorisent-elles les déficits ?
À la lumière d'exemples tirés de tous les pays d'Amérique latine,
l'étude de la BID constate que la nature des procédures budgétaires «
influence grandement la situation budgétaire ». Plus précisément, les
procédures qui font peser des contraintes sur les déficits budgétaires et
qui sont plus « hiérarchiques » et transparentes se traduisent
généralement par des déficits moins importants. Ces contraintes peuvent
prendre la forme de lois qui limitent le rôle de l'assemblée législative
dans l'augmentation du budget, par exemple en plafonnant les emprunts ou
les dépenses.
Les procédures hiérarchiques sont celles qui donnent de grandes
prérogatives au gouvernement face à l'assemblée législative pour ce qui
est de l'adoption du budget. Cette prérogative est également exercée par
une personne (d'ordinaire le ministre des Finances) qui tient en fin de
compte les cordons de la bourse, faisant échec aux tentatives d'autres
ministres de faire des appels supplémentaires au budget.
Enfin, les déficits sont généralement moins élevés lorsque les
procédures budgétaires sont « transparentes », ce qui veut dire que le
budget ne peut pas être détourné par des négociations en coulisse entre
des hommes politiques ou par des actions menées par des pouvoirs publics
autres que nationaux ou par des entreprises publiques.
Pour télécharger l'étude en entier, tapez www.iadb.org/oce/.
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