Page de garde | Table de matières

La bataille du littoral
Les Equatoriens surmontent de vieux conflits écologiques et donnent l'exemple dans l'aménagement du littoral








Cibles de l'action sur le littoral





Un pêcheur de coquillages gagne péniblement sa vie



Les crabes nettoyés sont prêts pour le marché

RELATED LINKS:

Programme de gestion du littoral équatorien

ROGER HAMILTON

Quiconque aime déguster un plat de crevettes devrait connaître l'histoire d'Edgar Mora de Machala (Equateur) qui un jour se retrouva face à une pluie de projectiles.

Pourtant, Mora n'est pas du genre à chercher la bagarre. Paisible et ayant le sens civique, avocat de son état, il préfère le tapis vert comme champ d'action. Mais il était à la tête d'un comité chargé de l'aménagement du littoral local. Ainsi, après avoir appris qu'un éleveur de crevettes bloquait l'accès à une crique utilisée par des pêcheurs de l'endroit, poussé par le devoir, il fit enquête.

Lorsqu'il arriva avec d'autres sur les lieux, des coups de feu retentirent. Par bonheur, les gardiens avaient pour consigne de se contenter d'effrayer les « intrus » et non de les tuer, de sorte que tous en sortirent indemnes.

L'affaire aurait pu en rester là. Elle aurait été classée sans suite mais elle aurait probablement entraîné d'autres disputes. Or le comité de Mora s'inscrivait dans un vaste effort qui bénéficiait du soutien non seulement des citoyens mais aussi des autorités locales et du gouvernement central. Il a saisi la mairie qui a fini par intervenir et convaincre l'éleveur de rouvrir la crique.

Il y eut d'autres incidents, notamment après que Mora eut signalé aux autorités le défrichement sauvage de mangroves classées zones protégées. « Lorsque les éleveurs de crevettes ont su que j'avais fait les dénonciations, j'ai reçu des menaces téléphoniques, contre moi et ma famille », rappelle Mora. Cela rappelait sinistrement les premiers défenseurs de l'environnement dans de nombreuses autres régions de l'Amérique latine et des Caraïbes, quelques-uns d'entre eux ayant payé chèrement leurs efforts.

Mais Mora affirme qu'il n'est pas inquiet. « Je répète que nous ne sommes pas ennemis », dit-il des éleveurs de crevettes. « Nous avons même commencé à nous lier d'amitié. »

Il faut espérer que Mora a raison, pour lui-même et pour l'avenir des 43 % de la population qui vivent le long de cette mosaïque marine de plages, de salants et de mangroves. Des milliers d'Equatoriens dépendent directement des crevettes, poissons et crustacés que recèle le littoral. Ils sont plus nombreux encore à compter sur les bienfaits écologiques des mangroves, comme la purification de l'eau et la protection de la terre.

Les détails varient certes, mais les problèmes qui affligent les milieux côtiers sont très semblables dans les zones en voie de développement du monde entier : les pouvoirs publics ne sont pas en mesure de faire respecter les lois et règlements, les populations locales ne participent pas, il y a de graves différends entre les usagers et il y a pénurie d'informations scientifiques permettant d'éclairer les décisions. Les pays qui connaissent les problèmes écologiques les plus graves sont ceux qui sont le moins préparés à y faire face.

Mais en Equateur, bien que les problèmes restent immenses, des gens comme Edgar Mora s'attellent à la longue et difficile tâche de fédérer les populations locales et les pouvoirs publics ainsi que d'autres groupes pour concrétiser le développement rural.

Dilemme. L'élevage de crevettes est à la fois un bienfait économique et un méfait écologique pour l'Equateur. Après les opérations à grande échelle qui y ont été amorcées au début des années 80, la valeur des exportations de crevettes a explosé, passant de 31 millions de dollars à 539 millions en 1994. Et elle atteindrait 950 millions en 1999. Aujourd'hui, les bassins artificiels à crevettes, qui couvrent 1 360 km2, les plus de 400 écloseries de crevettes ainsi que les usines de transformation et d'autres installations emploient environ 260 000 Equatoriens. La production de crevettes est devenue la principale activité économique dans le secteur privé du pays. En outre, les crevettes se classent au troisième rang, après le pétrole et les bananes, au chapitre des recettes d'exportation.

L'essor de la production de crevettes n'est pas unique à l'Equateur. D'autres régions tropicales, où les cultures sont intensives, ont dégagé des revenus importants pour les éleveurs, avec des prix moins élevés pour les consommateurs. Au cours de la dernière décennie, le prix de la crevette a chuté, passant d'environ 33 dollars le kilo aux Etats-Unis à environ 13 dollars, et la consommation mondiale de crevettes a doublé. Ce crustacé savoureux, qui était autrefois un hors-d'œuvre dont le prix était élevé, est désormais à la portée de toutes les bourses, figurant même au menu des restaurants-minutes.

Dans un premier temps, l'élevage de crevettes fut bien accueilli. Il permettait d'atténuer les tensions s'exerçant sur l'exploitation des populations sauvages, qui avait atteint un sommet en 1994 et qui est en déclin depuis. Les crevettes sauvages sont capturées par des chalutiers qui attrapent aussi des quantités énormes de poissons, d'espèces et de tortues. Il s'agit là de prises « accessoires », qui peuvent atteindre le quintuple du poids de la prise de crevettes. Les crevettiers les rejettent en mer.

Mais l'élevage de crevettes s'est révélé destructeur en lui-même, notamment pour les palétuviers et les écosystèmes estuariens. Formant des halliers impénétrables sur les estrans, les mangroves servent d'ancrage pour une bonne partie de l'écosystème côtier. Les racines enchevêtrées des palétuviers, qui s'enfoncent dans la vase comme les doigts de la main, constituent un abri pour les juvéniles de nombreuses espèces de poissons, de crevettes et d'autres faunes marines. Certaines espèces restent dans l'estuaire tout au long de leur vie, tandis que d'autres grandissent en pleine mer.

La filière crevettes dépend des mangroves pour les larves et d'eaux estuariennes propres qui permettront aux larves de venir à maturité. Mais les éleveurs de crevettes ont également besoin de terrains pour aménager les bassins. Au cours des vingt-cinq dernières années, l'expansion de l'industrie équatorienne de la crevette a réduit de plus de 20 % les mangroves du pays. En outre, 85 % des salants ont aussi été transformés en bassins.

Comme sur terre, où l'abattage des arbres détruit l'habitat et élimine la plupart des espèces qui s'y trouvent, la réduction des mangroves a un effet désastreux sur les écosystèmes côtiers. En outre, les eaux qui sont évacuées des bassins à crevettes contiennent des pesticides, des antibiotiques et des quantités importantes de nourriture riche en éléments nutritifs qui contaminent les estuaires et les animaux aquatiques qui s'y trouvent.

Précieuses pour les pêcheries, les mangroves sont également une source de biens et services essentiels pour les populations locales. Elles fournissent bois et charbon, servent de tampon pour l'intérieur des terres contre les vagues cycloniques et filtrent les alluvions. Les chercheurs à Campeche (Mexique) ont conclu qu'un hectare de mangroves bien aménagé avait la valeur annuelle hypothétique qui suit :

Charbon 451 dollars
Bois 631 dollars
Habitat et nourriture pour les pêcheries 1 578 dollars
Filtrage de l'eau 1 193 dollars

Ces chiffres ne prennent pas en compte l'habitat que constituent les mangroves pour les espèces menacées de disparition, ni les biens et services qu'elles procurent aux populations locales pour leur subsistance et ni la protection qu'elles offrent à la côte.

Vu leur valeur, pourquoi ne pas simplement laisser l'Etat intervenir et interdire l'abattage des palétuviers ? Beaucoup de pays ont eu recours au fait du prince, y compris aux Philippines où la mise en œuvre de ces politiques s'est soldée par la perte de la moitié des mangroves. En Equateur, les interdictions visant l'abattage des palétuviers et l'aménagement ou l'expansion de bassins à crevettes sont dans les textes depuis 1978. Or, l'abattage n'a pas cessé.

Partenariats. Aujourd'hui, une nouvelle démarche en faveur de la sauvegarde des mangroves, de la protection du milieu côtier et de la réduction des conflits entre usagers est en cours en Equateur. Le comité de Mora en fait partie. A la différence des efforts qui ont avorté dans le passé, le Programme de gestion des ressources côtières se fonde sur un vaste effort de coopération qui prend la forme de partenariats entre les populations locales, les pouvoirs publics équatoriens, la BID, des ONG et des organismes bilatéraux.
Le programme a été lancé en 1986 lorsque le gouvernement équatorien, de concert avec l'Agence américaine de développement international, le Centre de ressources côtières de l'Université de Rhode Island et la Fondation Pedro Vicente Maldonado de Guayaquil, s'est mis à collaborer avec les villages côtiers pour déterminer les besoins et trouver des solutions. En 1989, le programme a été créé officiellement et six zones d'aménagement spéciales ont été constituées - cinq sur le continent et une pour les îles Galapagos.

Les zones d'aménagement concentrent 280 000 personnes qui, pour la plupart, dépendent directement des ressources côtières. Ce sont des collecteurs de larves de crevettes, de petits pêcheurs et éleveurs de crevettes, des organisateurs de services touristiques, des ramasseurs de bois et des fabricants de charbon de bois.

Ces débuts étaient prometteurs. Quarante projets-pilotes virent le jour. Il était patent que les gens de l'endroit pouvaient aider à protéger l'environnement, à atténuer les conflits et à améliorer les conditions de vie. Mais le programme était loin d'avoir l'envergure nécessaire pour régler le problème.

Ensuite, en 1993, la BID a approuvé des crédits de 14,9 millions de dollars pour élargir le projet. Incarnant les principes qui allaient sous-tendre la Stratégie de gestion des ressources côtières et marines de la Banque (voir plus loin), cet effort pilote a retenu l'attention du monde entier. Il montrait que la participation locale peut régler des problèmes écologiques.

Ce programme, qui en est à sa sixième année, a financé des dizaines de projets destinés à protéger les palétuviers, à reboiser les zones dénudées et à favoriser le tourisme vert dans les mangroves servant d'habitat. Ces projets prévoyaient aussi l'aménagement de dispositifs d'alimentation en eau potable et d'élimination des déchets solides. Quelque 100 000 citoyens dans les cinq zones d'aménagement ont ainsi pu bénéficier d'un service d'assainissement de base.

Dans le même temps, un état des lieux a été dressé pour les segments critiques du littoral dans chacune des zones d'aménagement actuelles et à venir. Un plan d'occupation des sols a été mis en œuvre pour protéger ces lieux et de petits ouvrages ont été construits pour lutter contre l'érosion du littoral et les pollutions.

Dans le domaine de la gestion des pêches, les populations locales ont aidé à recueillir des informations sur les stocks de poissons. Des recherches sont en cours pour permettre l'élaboration d'un vaste plan de gestion des estuaires. Des groupes de femmes qui récoltent les coquillages et les crustacés dans les mangroves ont bénéficié d'une aide pour la reconstitution des stocks traditionnels. Par ailleurs, les populations locales ont mis en œuvre des projets pilotes d'aquaculture marine.

D'autres projets de recherche étudient les façons de réduire le gaspillage des stocks sauvages de larves de crevette dans les activités de l'aquaculture marine et d'améliorer le fonctionnement des écloseries et des bassins à crevettes. Un programme coopératif de surveillance et de vigilance est mis en œuvre pour protéger les mangroves, gérer les usages de l'eau et réglementer la capture de poissons et de crevettes. Des équipes d'inspecteurs patrouillent désormais sur la côte et collaborent avec les gens de l'endroit et les pouvoirs publics locaux pour sévir contre l'abattage de palétuviers.

Entre-temps, des organismes publics qui participent au programme reçoivent des formations et des moyens matériels et humains, tandis que les populations locales bénéficient de programmes de sensibilisation et de formations pour animer les efforts.

Persistance récompensée. La « participation locale » est une expression qui se dit bien dans les conférences sur le thème du développement. Sur le terrain toutefois, elle n'est pas toujours aisée.

Le programme équatorien est un cas de figure. Luis Arriaga, expert-conseil de l'Université de Rhode Island qui est l'un des fondateurs du programme, a évoqué les raisons pour lesquelles la création de zones d'aménagement spéciales s'est étalée sur huit ans plutôt que sur deux ans comme prévu à l'origine. Au début, rappelle-t-il, les gens venaient aux réunions pour y exprimer leurs desiderata. Lorsqu'ils se sont rendu compte que les moyens financiers faisaient défaut, beaucoup ont cessé d'assister aux réunions. « Mais d'autres ont persisté, dit-il, ils ont appris, ils ont consacré beaucoup de temps et d'énergie à leur propre développement. »

Selon Edgar Mora, président de la Zone d'aménagement spéciale de Machala, d'autres causes, plus profondes, expliquent cette lente évolution. « Nous les Equatoriens sommes habitués au paternalisme, à un Etat dont la raison d'être est de donner aux gouvernés, précise-t-il. Il a été difficile de convaincre les gens qu'ils devaient faire leur part. » Il a cité en exemple l'attribution, dans le cadre du programme de gestion côtière, d'un bateau à chacune des deux coopératives locales de transport qui leur permettrait, grâce aux recettes, de faire l'acquisition d'autres bateaux. « Elles ont reçu les bateaux, et ce fut tout », a affirmé Mora.

Il s'est rendu compte que sa mission la plus importante était de faire évoluer les mentalités. Dans un premier temps, il a fait participer aux travaux de son comité un plus grand nombre de citoyens en créant diverses commissions pour le tourisme, les mangroves et l'assainissement, parmi tant d'autres. En fin de compte, 35 groupes à Machala, beaucoup d'entre eux n'ayant auparavant que peu de contacts entre eux, se sont mis à collaborer pour faire avancer les choses. Par exemple, la commission de l'assainissement de l'environnement a uni ses efforts à ceux des pouvoirs publics locaux et de l'université locale pour mener à bien un projet visant à cartographier l'estuaire en vue d'un programme de dépollution.

Les gens apprennent qu'ils peuvent faire pencher la balance. « Nous avions toujours été laissés pour compte parce que nous ne sommes pas instruits et parce que nous n'avions pas l'habitude de collaborer avec les autorités », affirme le marin-pêcheur Faustino Curia Huari qui habite dans un village côtier près de Machala.

Curia a décidé que ses voisins et lui avaient besoin d'un quai parce que la plage était encombrée de séchoirs pour le poisson et qu'il n'y avait pas de place pour amarrer leurs bateaux. Mais lorsque Curia a formé un comité pour demander des fonds auprès du programme de gestion en vue de l'acquisition de matériels, bon nombre de ses voisins ont pensé qu'il débloquait complètement. Lui et son comité sont allés de l'avant, et la proposition a été retenue. Les matériels ont été reçus et après quinze jours de travaux en commun, le quai est devenu réalité.

Nouveaux vocables. La participation locale ne convient pas à ceux qui se découragent facilement ou qui sont pressés, surtout là où la population locale est peu instruite et n'a guère d'expérience dans la réalisation d'activités communes.

« Nous devons être très très patients », de dire Héctor Ayón, ancien directeur du Bureau de la gestion du littoral à Guayaquil, « et faire preuve de tolérance tout en étant très fermes, parce que nous sommes confrontés à un facteur dans ce pays que bien peu sont disposés à admettre. »

« Ce facteur, précise Ayón, c'est le peu d'instruction des gens. Il faut leur apprendre à tirer des moyens de subsistance des ressources côtières sans nuire à l'environnement et cette évolution doit émaner de la population même. Ceux qui exploitent les ressources, qui peuvent respecter ou ne pas respecter l'environnement, sont ceux qui
doivent s'attacher à trouver une solution », ajoute-t-il.

Les réunions et les programmes de formation permettent aux gens de l'endroit d'apprendre, voire d'enrichir leur lexique. « Désormais, ils disent : "Ces produits chimiques nous tuent" », affirme Arturo Maldonado, coordonnateur du programme dans la zone d'aménagement spéciale de Puerto Bolivar Jambelí à Machala. « Ils n'auraient jamais dit cela auparavant. Aujourd'hui, lorsque les gens parlent de leur estuaire, ils évoquent les hydrocarbures et les produits chimiques et la nécessité d'une protection. Il y a huit jours à peine, un groupe local est venu nous voir et a dit : "Ecoutez, nous voulons une nouvelle minga (équipe de travail coopérative) parce que nous avons des problèmes de pollution dans l'estuaire." Nous avons déjà fait appel ici à des mingas qui ont représenté 17 millions de sucres au titre des frais de main-d'œuvre. Il y a deux ans, ils étaient deux mille ici à participer à une minga. Le groupe a d'abord affirmé qu'il voulait simplement un barrio limpio (quartier propre), a-t-il ajouté, mais maintenant il veut aller plus loin et faire un barrio lindo, c'est-à-dire un joli quartier. »

Selon Maldonado, même les éleveurs de crevettes épousent de nouveaux points de vue. « Avant ils nous disaient "Je n'abats plus les palétuviers, je ne fais que les élaguer" », dit-il, faisant allusion à la pratique qui consiste à couper la cime des arbres pour mieux voir les opérations d'élevage de crevettes, en particulier pour repérer les voleurs. Mais aujourd'hui, conclut-il, bon nombre épargnent les palétuviers, en partie parce qu'ils les considèrent comme une sorte d'ornement.

« Cela ne veut pas dire que les éleveurs de crevettes ont cessé d'abattre les arbres », précise Arriago, de l'Université de Rhode Island. « Mais, au moins, des particuliers et des groupes responsables aident au reboisement. »

Un autre signe montre que les tensions s'atténuent. Par exemple, l'association locale d'aquaculture marine a demandé la liste des éleveurs de crevettes qui abattaient les palétuviers pour engager une action auprès de ses confrères. Le même groupe a sollicité du comité des informations sur les difficultés d'accès des pêcheurs de crustacés et de coquillages aux mangroves, pour pouvoir intervenir en leur faveur.

Bon nombre des participants aux réunions du comité zonal représentaient des groupes qui avaient eu maille à partir entre eux. « Au début, nous avons eu beaucoup de difficulté à rassembler les gens, de dire Maldonado. Chaque groupe, qu'il s'agisse de pêcheurs de poisson, de coquillages ou de pêcheurs de larves de crevette, a dit : "Nous n'avons aucune raison de leur parler". Mais la communication s'est améliorée, et maintenant les éleveurs de crevettes eux-mêmes demandent des réunions plus fréquentes pour aplanir les difficultés. »

Il reste encore à amener les autorités provinciales à participer. Celles-ci préfèrent transmettre leurs décisions, comme elles l'ont toujours fait, affirme Maldonado. Il y a un autre problème. C'est que les organismes publics chargés des questions touchant le littoral présentent une organisation sectorielle et non multisectorielle comme les comités locaux. Ici, encore une fois, les responsables commencent à coopérer.

« Les gens constituent probablement l'aspect le plus important des ressources naturelles dont nous devons assurer la gestion », affirme Ayón, l'ancien directeur de la gestion côtière. « Nous parlons de gestion des mangroves, de gestion des larves de crevette et de gestion du sol. Mais en fin de compte tout cela vise à améliorer les conditions d'existence des gens. Cela est plus important que la réalisation de travaux matériels, plus important que la préservation de l'immense diversité biologique de notre pays, parce que si l'homme gère mal ces ressources, toute cette biodiversité disparaîtra. »

Il rappelle une conversation qu'il a eue avec une femme qui récolte les coquillages dans un petit village côtier. Elle dit que la mangrove est sa « ferme », et qu'elle espère pouvoir la léguer à ses enfants un jour. Ayón caresse le même espoir.

- Avec le reportage de David Mangurian, à Machala

Pour un complément d'information sur le projet de gestion du littoral en Equateur, visitez www.prmc.org.ec.



PORTADA
ACERCA DEL BID | DEPARTAMENTOS | INVESTIGACION Y ESTADISTICAS | OPORTUNIDADES DE NEGOCIOS | POLITICAS | PRENSA Y PUBLICACIONES | PROYECTOS |  SECTOR PRIVADO