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OLIVER CLARKE Note de la rédaction : La démocratie ainsi que la liberté de la presse figuraient en tête de l'ordre du jour du récent sommet de Santiago (voir page 7). Ci-après, le président de l'Association interaméricaine des journalistes (IAPA) décrit les efforts que fait son groupe pour permettre aux journalistes d'exercer leur métier sans danger et sans se faire inquiéter. Les vues qu'il exprime sont les siennes.La liberté de la presse écrite et parlée de s'exprimer sur diverses questions selon différents points de vue est une donnée fondamentale de toute société libre. Avec la fin de l'autoritarisme et la démocratisation en Amérique latine et dans les Caraïbes, cette liberté a pu s'épanouir ces dernières années. Par ailleurs, les sondages ne cessent de montrer que les médias, avec l'Eglise, figurent parmi les institutions les plus respectées dans la région. Les journalistes sont en vue mais il y a de lieu de s'inquiéter parce qu'ils sont nombreux à se faire assassiner. Selon les données recueillies par l'IAPA, entre octobre 1994 et juin 1998, ce sont 51 journalistes au total qui ont été assassinés dans la région. Les statistiques de l'IAPA montrent aussi que le nombre d'enlèvements est tout aussi inquiétant : il y en a eu 66 au cours des neuf dernières années. La situation est particulièrement grave en Colombie, au Mexique et au Pérou. En outre, pendant la même période, 1 586 journalistes ont subi des agressions. Certes, les constitutions de pratiquement tous les pays de la région garantissent explicitement la liberté de la presse mais la protection judiciaire reste faible dans bien des pays. Il arrive trop souvent que les forces de l'ordre et les tribunaux, subissant des influences politiques, omettent de faire enquête sur les crimes perpétrés contre les journalistes ou n'engagent pas les poursuites qui s'imposent. Compte tenu de ces statistiques, l'IAPA a lancé en 1995 un projet visant à faire enquête sur les crimes commis impunément , afin d'y mettre fin. Les investigations se sont déroulées surtout en Colombie, au Guatemala et au Mexique. La deuxième phase de ce projet a consisté en une conférence continentale, tenue au Guatemala en 1997, qui a abouti à un plan d'action. Le plan élaboré par l'IAPA a ensuite été adopté par l'UNESCO, qui a appelé ses Etats membres à punir les crimes commis à l'encontre des journalistes. Par la suite, l'IAPA a saisi la Commission des droits de l'homme de l'Organisation des Etats américains de diverses affaires en Colombie, au Mexique et au Guatemala, et le directeur général de l'UNESCO a appelé la commission à créer un rapporteur spécial sur la liberté de la presse. En avril dernier, l'OEA a accepté. Œuvrant au sein de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, le rapporteur sera chargé de rendre ses conclusions sur des questions de liberté de la presse et d'encourager le bon respect des lois qui protègent la liberté d'expression. En outre, l'Assemblée générale de l'OEA, lors de sa réunion à Caracas, a vivement condamné les agressions commises contre les journalistes, notamment les assassinats, et elle a appelé ses pays membres à punir ces crimes. Le projet de l'IAPA a été élaboré dans le cadre des dix principes énoncés dans la Déclaration de Chapultepec, établie lors d'une conférence qui a réuni à Mexico en 1994 de grandes personnalités venues de tout le continent. Par souci de promouvoir la Déclaration de Chapultepec, l'IAPA assurera la coordination d'une conférence sur la liberté d'expression au Costa Rica en août pour réaffirmer et ratifier les dix principes et commencer à intégrer l'esprit de la déclaration dans le cadre juridique d'une convention interaméricaine sur la liberté d'expression. Cette conférence amorcera aussi une réflexion sur un programme quinquennal de protections judiciaires qui sera mis en œuvre dans tous les pays de la région. Nous espérons que ces importantes évolutions, conjuguées au rôle d'observatoire de la liberté d'expression que joue l'IAPA, permettront d'ajouter dignité et sécurité au respect dont jouissent d'ores et déjà les journalistes sur notre continent. |
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