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Les Latino-américains préfèrent dans leur immense majorité la démocratie à l'autoritarisme comme forme de gouvernement. Mais, dans le même temps, ils sont très mécontents du bilan de leur propre gouvernement démocratique. Ces perceptions apparemment incompatibles à propos des avantages de la démocratie figuraient parmi les conclusions d'une enquête détaillée (1966) sur les points de vue à l'égard du gouvernement, de la politique et de l'économie dans 17 pays latino-américains ; enquête menée par Latinobarómetro, un organisme privé de sondage dont le siège se trouve à Santiago (Chili). Positif pour le voisin. Les résultats de cette enquête, qui ont été présentés récemment au siège de la BID, offrent un aperçu fascinant des perceptions des gens qui ont connu une période de grand changement économique et social. Cette enquête a montré que même dans les pays où une forte majorité préfère la démocratie, une minorité non négligeable choisirait un régime autoritaire dans certaines circonstances. Cette minorité représente 26 % de la population au Paraguay, 24 % au Brésil, 23 % au Chili et au Mexique et 21 % au Guatemala. D'après Latinobarómetro, le Costa Rica et l'Uruguay sont de loin les pays où la démocratie jouit du niveau de soutien le plus élevé : 80 %. A une exception près, au moins 50 % des citoyens dans un pays sur deux préfèrent également la démocratie. Au Honduras, seulement 42 % des personnes sont en faveur de la démocratie, tandis que près de 30 % disent ne pas se soucier du type de gouvernement de leur pays et 14 % affirment qu'un régime autoritaire pouvait parfois être préférable. Etrangement, les opinions en faveur de la démocratie ne se traduisent pas par une approbation de la situation des affaires locales. Dans tous les pays, sauf deux, moins de 34 % des personnes interrogées répondent "oui" quand on leur demande si elles sont satisfaites de la manière dont fonctionne la démocratie dans leur propre pays. Le Costa Rica (51 %) et l'Uruguay (52 %) sont les seuls pays où plus de la moitié répond oui. D'après Marta Lagos, directrice de Latinobarómetro, en ce qui concerne cette dernière question, de nombreuses personnes interrogées ont rendu à vrai dire un verdict sur le bilan du gouvernement actuellement au pouvoir, ce qui pourrait expliquer l'apparente contradiction quant au point de vue des personnes interrogées sur la démocratie. De nombreux observateurs pensent que ces réponses soulignent l'importance d'accélérer dans la région les réformes dites "de seconde génération". Si la répartition des revenus était plus équitable, les systèmes judiciaires plus efficaces et indépendants, et les politiciens plus responsables, la perception qu'ont les gens du fonctionnement local de la démocratie s'améliorerait probablement. Des données utiles. Les conclusions de Latinobarómetro ont été utilisées par la BID dans plusieurs de ses études, notamment dans les documents de recherche présentés lors du séminaire intitulé "L'Amérique latine après une décennie de réformes : que faire maintenant ?", qui a eu lieu en mars dernier lors de l'Assemblée annuelle de la Banque à Barcelone. Les points saillants de ces documents ont figuré dans La BID du mois de mai. Chercheurs et responsables politiques utilisent de plus en plus des études régionales, selon Liliana Rojas-Suárez, conseiller principal auprès de l'Economiste en chef de la BID. La Banque, par exemple, effectue actuellement des études sur la violence dans les villes et la corruption qui se fondent notamment sur les conclusions de sondages d'opinion. - par Samuel Silva Pour de plus amples informations, contacter Marta Lagos au (56-2) 235-0574. |
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