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Des changements à l'horizon. Les gens qui sétaient déployés dans la tour cette journée-là uvraient comme le dit Ryel pour " réaliser " lAmazonie brésilienne. Ils ont bien entamé la première phase dun programme de longue haleine qui donnera des bases solides au tourisme vert par des efforts financiers en faveur des transports, de la formation et du marketing, entre autres. Il sagit de rendre lAmazonie plus agréable pour les touristes et plus rentable pour les chefs dentreprise. Le programme Proecotur, dont la première phase est financée à laide dun prêt de 11 millions de dollars de la BID, approuvé en 1999, se compose principalement détudes et de plans. Y participent entre autres les neuf États amazoniens du Brésil, les orientations générales étant confiées à un secrétariat situé au sein du ministère de lEnvironnement à Brasilia, la capitale. Grâce au financement au titre de lassistance technique, chaque État met au point une stratégie en faveur du tourisme vert, renforce les réglementations visant ce tourisme, évalue la demande et élabore des plans de gestion pour certaines aires sauvegardées. Le programme finance des services de conseil pour les voyagistes de la filière écotourisme et des formations pour un millier de fonctionnaires des États et des villes ainsi que dautres élites locales. Des efforts financiers modestes dans un premier temps serviront à protéger les espaces naturels ou à supprimer les goulets détranglement touristiques à léchelle locale. Les fonds du programme serviront aussi à réaliser des études de faisabilité pour de gros efforts financiers qui seront faits lors de la prochaine phase, laquelle doit commencer dans quelques années.
Aujourdhui et à lavenir, la plupart des activités de Proecotur seront menées dans cinq régions prioritaires dont la superficie varie entre 66 900 hectares et 441 600 hectares. Ces " pôles décotourisme " ont été sélectionnés en raison de leurs richesses naturelles, de leur accessibilité et de leurs équipements hôteliers, et de lattachement des pouvoirs publics locaux et des autres groupes au programme. La planification à léchelle locale se fait en grande partie par des comités directeurs composés de chefs dentreprise, de responsables gouvernementaux et de représentants de la société civile (lire Une femme daffaires investie dune mission). Au cours des prochaines décennies, lécotourisme procurera des emplois et des revenus stables à une grande partie de la population de lAmazonie, qui sélève à 20 millions. Certains seront employés directement par des gîtes ruraux, des services de transport et de restauration et dautres entreprises. Beaucoup en bénéficieront indirectement. Parallèlement, le tourisme vert viendra soutenir les efforts visant à préserver les écosystèmes naturels. Si les forêts naturelles peuvent faire rentrer de largent en attirant des touristes, la population locale sera mieux en mesure de résister à leur conversion en champs de soja et en pâturages. Lécotourisme procurera aussi des recettes que les pouvoirs publics pourront consacrer aux gardes forestiers et aux équipements servant à faire respecter les réglementations visant les aires protégées. Biologistes, économistes et moralistes peuvent certes avancer des arguments de poids en faveur de la préservation des écosystèmes naturels, mais le soutien des responsables et des chefs dentreprise locaux pourrait se révéler déterminant dans bien des cas. Un effort collégial. Le programme Proecotur est complexe, il naboutira que sil est bien géré et que sil se fonde sur des rapports personnels qui se forment lors de lescalade de tours dobservation ou dune navigation sur des rivières dans la jungle.
Je nai jamais travaillé à un projet où chacun faisait à ce point partie de la même équipe, États, des autochtones, Brasilia et notre bailleur de fonds, la BID ", affirme un responsable de lÉtat de Mato Grosso. Le groupe Proecotur avait commencé sa réunion dans le bourg dAlta Floresta, dans un hôtel au beau milieu de 50 hectares de forêt. De la fenêtre ouverte, on voyait une bande de singes-araignées qui sétait réuni sur un arbre pour observer le tout. Le coordonnateur de Proecotur Ricardo Soavinski évoqua un à un les problèmes. Dans un État, lautorisation de financement était coincée au sein de lassemblée législative. " Nous ne pouvons pas laisser un État ou quelques législateurs retarder ce projet ", a-t-il déclaré. Certains États accusent un retard dans le montage des projets en vue dun financement. " Si vous navez pas de projets, vous serez laissés à lécart ", a-t-il averti. Océanographe-biologiste de formation, Soavinski présida la réunion grâce à un mélange de spontanéité brésilienne et defficacité pragmatique.
Il fut heureux dapprendre que les États avaient reçu les ordinateurs et les véhicules achetés pour les activités de Proecotur. Mais il fut mécontent dapprendre aussi que dans certains cas des hauts fonctionnaires les avaient réquisitionnés à dautres fins, ce qui est formellement interdit aux termes de laccord Proecotur. " Si vous avez un problème, parlez-men, dit Soavinski aux responsables des États. Jagirai." Après la réunion, Soavinski évoqua les grands objectifs du nouveau programme. " Lécotourisme va montrer aux gens quils peuvent préserver la forêt tout en améliorant leur vie, affirme-t-il. Cest lun des objectifs du programme, sans doute le principal. Nous souhaitons conserver des modes de vie tout en conservant la nature." " Dans le passé, ajoute-t-il, les grands projets dans lAmazonie avaient des objectifs diamétralement opposés." Le nouveau programme aidera à transformer en action concrète le sentiment écologique au Brésil. " Au Brésil, on comprend très bien généralement la nécessité de préserver la nature, affirme Soavinski. Mais la difficulté, cest dobtenir les savoirs dont nous avons besoin et de les mettre en pratique. " Le programme Proecotur montrera la voie à suivre. " LAmazonie est un nom très évocateur pour le tourisme vert, signale Soavinski. Notre tâche, cest de la commercialiser."
Publié : avril 2002 |
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