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PETER BATE La campagne
visant
à réduire le fardeau de la dette des pays pauvres qui a été lancée au
milieu des années 90, s'est renforcée et a rassemblé davantage de
partisans ces dernières années si bien que la communauté internationale
soutient universellement son dernier objectif.
Naturellement sont inclus les pays appartenant à la BID qui a annoncé
le 20 juin que ses membres étaient parvenus à un accord assurant la pleine
participation de la Banque à l'Initiative en faveur des pays pauvres très
endettés (PPTE).
L'Initiative PPTE a été lancée en 1996 par la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international afin d'aider les pays gravement touchés par
la pauvreté qui depuis longtemps s'étaient battus pour améliorer leur
économie mais étaient toujours accablés par leur dette extérieure
intolérable, même après que les méthodes traditionnelles d'allégement
aient été épuisées. Le programme a pris de l'ampleur en 1999 afin de
permettre à davantage de nations de bénéficier d'un allégement plus rapide
et plus grand.
Dans le cas de la BID, ce type d'aide serait disponible pour quatre de
ses pays membres les plus pauvres, à savoir la Bolivie, le Guyana, le
Honduras et le Nicaragua. D'après les modalités de l'Initiative PPTE, les
pays bénéficiaires doivent consacrer l'épargne dérivée de l'allégement de
la dette à des programmes de lutte contre la pauvreté, comme par exemple
l'investissement dans des écoles, des soins de santé ou des programmes de
nutrition pour les mères et leurs enfants.
Cependant, la BID ne pouvait pas couvrir avec ses propres ressources le
coût du programme élargi à l'intention des PPTE estimé à 1,1 milliard de
dollars. Le montant dont elle disposait étant insuffisant, des
contributions supplémentaires seraient nécessaires de la part de ses pays
membres.
A cette fin, à sa réunion annuelle tenue en mars à la Nouvelle Orléans,
le Conseil des gouverneurs de la Banque a créé un groupe de travail
présidé par William E. Schuerch, le Secrétaire adjoint américain auprès du
Ministère des finances pour le développement international, la dette et la
politique de l'environnement, afin de trouver une solution au problème de
financement. Après une série de réunions, le groupe de travail en a trouvé
une nécessitant d'importantes contributions de la part des pays membres
emprunteurs et non emprunteurs.
En annonçant cet arrangement, le président de la BID, Enrique V.
Iglesias a salué cet engagement comme un grand geste de solidarité envers
certains pays les plus pauvres de la région. "Celui-ci envoie un message
important au public, à savoir que la BID est prête à participer pleinement
avec le reste de la communauté internationale, à l'octroi d'un allégement
substantiel de la dette", a-t-il souligné.
Dans le cadre de cet accord, on a prévu de faire participer au
programme élargi en faveur des PPTE, les institutions financières
sous-régionales en Amérique latine et dans les Caraïbes, comme la Société
andine de développement et la Banque centraméricaine pour l'intégration
économique.
D'après les modalités basées sur le principe du partage du fardeau de
la dette, les pays riches qui ont défendu la mise en valeur de
l'Initiative à l'intention des PPTE, doivent endosser une large part des
engagements en faveur de l'allégement de la dette : les Etats-Unis
apporteront une contribution de 200 millions de dollars, le Canada 25
millions et les membres non régionaux de la BID 200 millions. Un groupe de
14 pays emprunteurs d'Amérique latine et des Caraïbes fournira 150
millions de dollars. Pour sa part, la BID se tient prête à apporter plus
de 800 millions de dollars de ses propres ressources pour couvrir le coût
des PPTE.
Les contributions, qui seront versées sur un certain nombre d'années,
permettront à la Banque de réduire le fardeau du service de la dette des
quatre pays qualifiés. Comme la Bolivie et le Guyana ont déjà eu accès à
l'allégement dans la première série des PPTE, la nouvelle série doit être
favorable à l'allocation d'un allégement supplémentaire pour le Honduras
et le Nicaragua.
L'Initiative élargie en faveur des PPTE exige que les bénéficiaires,
lors de consultations ouvertes entre leur gouvernement et leur société
civile, mettent au point des programmes continus pour diminuer la pauvreté
et combattre la corruption. Les modalités permettent également
aux institutions financières multilatérales de fournir un allégement
provisoire aux pays qui sont en train de faire des progrès certains dans
cette voie.
Dans le cadre de cet accord, la BID prendra également des mesures pour
garantir que le financement futur accordé aux quatre pays qualifiés leur
permette d'atteindre les objectifs des PPTE, à savoir une dette viable et
la réduction de la pauvreté.
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