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Mai-juin 2000


Une démocratie forte pour une économie forte






Un groupe d'experts internationaux a récemment appelé l'Amérique latine à renforcer ses institutions démocratiques afin de mieux relever les enjeux liés à l'expansion et à la stabilité économique. « Il ne peut pas y avoir une économie dynamique lorsque le système politique est mal en point », a dit le président de la BID Enrique V. Iglesias lors de l'ouverture d'un séminaire intitulé « Politique et gestion des affaires publiques en Amérique latine », qui a été tenu en marge de l'assemblée annuelle des gouverneurs de la banque à La Nouvelle-Orléans.


Les sondages d'opinion montrent que les Latino-américains ne sont pas satisfaits de la qualité de leur gouvernement.
(Photo : David Mangurian - BID)

Carlos Ruckauf, gouverneur de la province de Buenos Aires, en Argentine, a prévenu que l'Amérique latine reste hantée par des années d'autoritarisme, malgré la démocratisation de ces dernières années. Il faut certes faire un effort dans des domaines comme les ponts et chaussées et l'enseignement, mais « il faut aussi mieux dépenser ».

Dieter Nohlen, directeur adjoint de l'Institut des sciences politiques de l'université de Heidelberg , en Allemagne, a dit qu'il était important que le système politique ­ qu'il soit présidentiel ou parlementaire, centralisé ou non ­ soit légitime aux yeux des citoyens. Cela signifie qu'il faut apprécier les régimes en fonction du contexte historique de chacun des pays, a-t-il ajouté.

Selon Ricardo Hausmann, économiste en chef de la BID, il y a un lien très étroit entre une bonne gestion des affaires publiques et une économie florissante. Or, au chapitre du respect de l'État de droit, de la lutte contre la corruption, de l'efficacité des pouvoirs publics et de la qualité du cadre réglementaire, l'Amérique latine se classe derrière l'Asie et très loin de la plupart des pays développés, a-t-il dit.

Selon des sondages, les Latino-Américains sont insatisfaits de la qualité de leur gouvernement, ils ont le sentiment qu'il y a de plus en plus de corruption, a ajouté Hausmann.

Parmi les problèmes politiques qui sévissent en Amérique latine, il y a la fragmentation des partis et l'instabilité des habitudes de vote, la faible participation des électeurs, l'élection de gouvernements par un minorité d'électeurs, le manque de transparence, et l'absence de cohésion et de coordination entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif.





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