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11 févr. 2010

La reconstruction d’Haïti : les services sociaux

Kei Kawabata, directeur du secteur social de la BID, revient d'une mission d'information de quatre jours à Port-au-Prince

Quel était le but de votre voyage en Haïti ?
 
Je faisais partie d’une équipe technique en mission en Haïti pour quatre jours, du 1er au 4 février. Les autres membres de l’équipe venue du siège étaient Ketleen Florestal, économiste-pays pour Haïti, Felipe Gomez-Acebo, spécialiste financier principal et Ophélie Chevalier, spécialiste du logement et du développement urbain. Nous avons rencontré des hauts responsables du gouvernement et des représentants des milieux d’affaires, des ONG et des organismes d’aide.
 
Mon objectif en particulier était d’examiner les questions sociales telles que l’éducation, la santé, la nutrition, le marché de l’emploi et les problèmes spécifiques aux femmes et aux enfants.
 
Avec le gouvernement, nous avons surtout évoqué le sort des près de 500 000 personnes ayant quitté Port-au-Prince pour retourner dans leurs villes ou villages d’origine. Le gouvernement estime que c’est l’occasion de régler le problème du surpeuplement de la capitale, où le rythme de croissance démographique était devenu incontrôlable et insoutenable. L'un des défis consiste à garantir que ces villes secondaires vers lesquelles les populations se déplacent offrent des infrastructures sociales et des débouchés économiques adéquats. Si nous ne relevons pas ce défi, nous assisterons à un nouvel exode vers Port-au-Prince, une fois que la reconstruction sera effective.
 
Fort heureusement, il existe déjà des projets de la Banque axés sur le développement de ces villes et nous collaborons avec le gouvernement pour réaliser les composantes les plus importantes desdits projets. Nous voulons donc aider Haïti à se reconstruire en tenant compte des besoins de Port-au-Prince et de l’accroissement de la population dans le reste du pays.
 
Quelle est la situation dans le domaine de l’éducation ?
 
L’une des choses extraordinaires en Haïti, c’est l’importance que les familles attachent à l’éducation. Même avant le séisme, des gens étaient prêts à se priver de nourriture pour payer les frais de scolarité, car la majorité des écoles est privée. Ils ont hâte que les écoles soient reconstruites et rouvrent leurs portes.
Dans l'immédiat, nous aiderons le gouvernement à trouver des solutions pour assurer l'éducation des enfants déplacés, surtout ceux qui vivent dans des camps temporaires. Parallèlement, les autorités essaient de déterminer exactement où les élèves et enseignants déplacés se trouvent et quelles écoles peuvent ou doivent être reconstruites. Dans les cités et villes secondaires, où les écoles n’ont pas été détruites, l’objectif est d’aider les écoles à absorber les effectifs supplémentaires provenant de Port-au-Prince. Ce ne sera pas chose facile, car ces écoles étaient déjà pleines. Alors le gouvernement tente de faire preuve de créativité, par exemple en transformant les anciens bus scolaires en salles de classe temporaires, car avec la saison des ouragans qui s'approche, l'on ne peut envisager de dispenser des cours dans une tente.
 
Le défi à long terme est de mettre en place un système éducatif de haute qualité, plus orienté vers la performance des élèves. Nous ne voulons pas tout simplement reconstruire des écoles non conformes aux normes. Même si les écoles privées occuperont toujours une place prépondérante dans le système éducatif, le gouvernement souhaite établir une forme de contrat de performance préalable à l’attribution des fonds pour la reconstruction. En d’autres termes, ceux qui demandent une aide financière pour reconstruire une école privée ou publique doivent consentir à garantir un certain niveau de performance académique et à appliquer des mesures pour y parvenir, comme la délivrance de brevets d’enseignement et le développement de programmes scolaires.
 
La BID dispose d’un peu moins de $20 millions de fonds non décaissés pour des projets relatifs à l’éducation et des ressources supplémentaires seront peut-être affectées à ce secteur pour nous permettre de faire des progrès significatifs au cours de l’année.
 
Bon nombre de rapports révèlent que des enfants souffrent de traumatisme, suite au tremblement de terre. Qu’est-ce qui est fait pour leur venir en aide ?
 
J’ai rencontré la première dame, madame Elisabeth Delatour Préval, qui a fait sienne cette question. Elle travaille avec la Fondation Culture et Création, une ONG locale spécialisée dans l’art, pour créer des centres spéciaux de thérapie par l’art dans les camps pour personnes déplacées. Ces centres donneront des conseils et organiseront des activités pour les enfants traumatisés âgés de 3 à 16 ans. Ils invitent les artistes, les danseurs, les professeurs et les étudiants en psychologie à mener des séances et d’autres activités thérapeutiques.
 
Il est évident que nous devons nous devons faire plus d’efforts pour assurer la disponibilité de services axés sur la dimension sociale de la catastrophe. Nous poursuivrons les discussions avec le gouvernement et les ONG pour voir quel rôle la Banque peut jouer dans ce sens, c'est-à-dire dans la mise en place d'écoles temporaires, de centres de santé et de terrains de sport.
 
Qu’en est-il des services de santé et de nutrition ?
 
J’ai rencontré la directrice du service de la nutrition du ministère de la Santé, le docteur Joseline Marhone. Sa maison s’est écroulée, tout comme le bâtiment où elle travaillait. Elle s’en est sortie saine et sauve et, en tant que médecin, s’est immédiatement consacrée à la mise en place d’une clinique improvisée où elle travaille à temps plein. C’est en fait là que nous nous sommes entretenus.
 
Ils ont reçu du matériel de la Croix rouge et d’autres ONG, mais doivent pratiquement tirer les médecins et élèves-infirmiers des décombres pour leur demander de l’aide. Ils soignent des blessés graves, ainsi que des personnes souffrant du paludisme, de la dysenterie et d’autres maladies. Des dizaines de patients sont étendus à l’air libre ou sous des bâches. Les soignants sont obligés d’improviser des attelles rudimentaires pour soigner les factures. C’était vraiment stupéfiant de voir les conditions dans lesquelles ils travaillent.
 
Le Dr Marhone nous a dit que la communauté internationale doit avant tout accélérer la fourniture d'aliments et de médicaments. Nous avons parlé d’un projet d'aide à la nutrition approuvé par la BID en décembre, qui prévoit la distribution de micronutriments efficaces. Elle a reconnu que, plus que jamais, le besoin de micronutriments se pose, en particulier pour les enfants de bas âge. Il s’agit d’un petit programme de $5,5 millions, mais nous essayerons d’accélérer les décaissements en vue d'obtenir des résultats à court terme.

Informations supplémetaires

Kei Kawabata 
Directeur du secteur social, BID
keik@iadb.org  

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