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VIOLENCE FAMILIALE
La force des mots
Les media révèlent le problème au grand jour



Au mois de mars dernier, les organisations de femmes au Pérou ont reçu un coup de pouce inattendu lorsque le quotidien américain, Le New York Times, a fait état du statut juridique de victimes de viol qui ne leur permet pas de se défendre.

Cette histoire semblait incroyable : une femme violée par un gang a été contrainte par sa famille et la société d'accepter une proposition de marriage de la part d'un de ses agresseurs. Les autres hommes qui l'avaient violée ont menaçé de balafrer son visage si elle refusait cette proposition. Pour quelle raison ? Selon la loi du pays, se marier avec l'un des hommes qui l'avaient attaquée disculperait automatiquement chacun d'entre eux.

Cette histoire a fait sensation parmi les media, et la situation critique de nombreuses femmes qui avaient été forcées d'épouser leur violeur a commencé à être débattue à l'occasion de forums publics au Pérou et dans les couloirs de l'Assemblée.

"Venant du New York Times, cette histoire a tenu la vedette", se souvient Virginia Vargas, présidente de l'organisation des femmes Centro Flora Tristán. "Nous étions contents. La presse étrangère s'intéressait de très près à ce sujet, et cela a également eu un impact ici." Les journaux locaux ont publié des éditoriaux réclamant que justice soit faite ; et les programmes de télévision ont commencé à débattre de ce problème ouvertement.

A une commission parlementaire sur les femmes, les législateurs qui voulaient changer la loi, ont également tiré parti de la situation. Beatriz Merino, qui est député, est passée à la télévision pour exprimer son point de vue, tandis que des représentants d'organisations de femmes ont débattu du problème à la radio pendant les émissions du matin. "Des reportages spéciaux sont passés à l'antenne, sur des femmes qui avaient été violées, et cela a aidé énormément", explique V. Vargas.

Ces discussions ont abouti à des mesures concrètes. La clause qui innocentait automatiquement les violeurs qui épousaient leur victime, a été supprimée.

A l'antenne. Ce cas est un exemple classique du pouvoir que détiennent les mass media pour exposer un problème, faire toute la lumière dessus aux yeux de tous et promouvoir des changements. Ceux-ci sont les mêmes objectifs visés par le documentaire télévisé produit par la BID sur la violence familiale, dans le cadre d'une campagne voulant faire comprendre l'impact de ce problème en matière de coûts humains, économiques et sociaux. La video comporte des interviews avec des femmes victimes de violence familiale, avec des agresseurs masculins et des représentants d'organisations de femmes.

Récemment distribuée au Nicaragua et au Mexique, et suivie d'un débat télévisé avec des experts à la fois des secteurs public et privé, cette video touche un vaste auditoire. Au Mexique, ce programme a été diffusé par la chaîne principale de télévision, et plus de 3 000 personnes ont téléphoné pour raconter par quoi elles étaient passées.

Le documentaire intitulé Vidas golpeadas, esperanzas destruidas: cuando el hombre maltrata a la mujer, est visionné et distribué dans tous les pays de la région. Il est la pierre angulaire de cette campagne lancée par la Banque afin de sensibiliser les gens à ce problème.

Il est tout à fait probable que la discussion de ce problème dans les media ait été le facteur le plus important dans le sens où la violence domestique n'est plus du domaine privé mais du domaine public. "Dans mon pays, la presse commence à énoncer clairement une réponse éthique à la violence, conclut V. Vargas. "Ceci n'a jamais eu lieu auparavant."




ACTION VERSUS AGRESSION

La BID a pris un certain nombre de mesures à la fois pour attirer l'attention sur la violence familiale, et pour changer la manière dont la société fait face à ce problème.
- Une série de forums et de séminaires sur ce sujet s'est terminée par une conférence à une grande échelle en octobre 1997 à Washington, D.C.
- La Banque a financé des études sur l'impact socioéconomique de la violence familiale au Chili et au Nicaragua, au Mexique et dans les Caraïbes, ainsi que des programmes pilotes visant à éduquer les juges sur les problèmes concernant les femmes et la violence dans cinq pays. Des réseaux intégrés de prévention et de traitement destinés aux femmes victimes de violence familiale sont mis en place dans six pays.
- Un documentaire de la BID et un débat télévisé sur la violence familiale ont été diffusés dans de nombreux pays de la région.


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